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Rénoviction au Québec : vos droits face à une éviction pour rénovations

Mis à jour le 10/06/2026 · Lecture 8 min · aideTAL.ca

Avec la pénurie de logements, les évictions pour rénovations — qu'on appelle « rénovictions » — se sont multipliées au Québec. Trop de locataires quittent leur logement en croyant ne pas avoir le choix. Pourtant, la loi vous protège fortement, à condition de connaître vos droits et surtout de réagir dans le délai. Voici ce que dit le Code civil du Québec.

1. Rénoviction : ce que la loi permet vraiment

Un propriétaire ne peut pas vous évincer simplement parce qu'il veut rénover. Le Code civil n'autorise une éviction que dans trois cas précis (article 1959 C.c.Q.) :

💡 De simples rénovations — même majeures — ne sont pas un motif d'éviction si le logement continue d'exister tel quel. Dans ce cas, le propriétaire doit s'entendre avec toi (relogement temporaire, calendrier des travaux), pas t'évincer.

À ne pas confondre avec la reprise de logement (article 1957 C.c.Q.), où le propriétaire reprend le logement pour s'y loger lui-même ou y loger un proche. C'est une autre procédure, avec ses propres règles.

2. Le délai d'un mois à NE PAS manquer

Le propriétaire doit t'envoyer un avis d'éviction écrit, généralement 6 mois avant la fin du bail (article 1960 C.c.Q.), indiquant le motif et la date.

⏰ Le piège du silence

Contrairement à une hausse de loyer, pour une éviction : si tu ne réponds pas dans le mois suivant la réception de l'avis, tu es réputé avoir CONSENTI à quitter (article 1966 C.c.Q.). Le silence vaut acceptation. C'est l'erreur la plus coûteuse — il faut t'opposer par écrit dans les 30 jours.

3. Comment contester, étape par étape

1
Ne signe rien, ne quitte pas sous la pression. Une offre d'argent pour partir « rapidement » ne t'oblige à rien tant que tu n'as pas accepté par écrit.
2
Vérifie le motif et l'avis : le motif est-il l'un des 3 cas légaux ? L'avis respecte-t-il le délai de 6 mois ? Notre scanner de bail peut analyser tes documents.
3
Oppose-toi par écrit dans le mois suivant la réception de l'avis. Conserve une preuve d'envoi.
4
C'est au propriétaire de prouver sa bonne foi devant le Tribunal administratif du logement. S'il n'arrive pas à démontrer que l'éviction est réelle et justifiée, elle est refusée.

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4. Vos indemnités et la mauvaise foi

Si l'éviction est légitime et que tu acceptes de partir, tu as droit à une indemnité d'au moins 3 mois de loyer plus tes frais raisonnables de déménagement (article 1965 C.c.Q.). Si ton préjudice réel est plus élevé, tu peux demander davantage au tribunal.

Et si le propriétaire t'a évincé de mauvaise foi — par exemple en reloue plus cher au lieu de faire les travaux annoncés — tu peux réclamer des dommages-intérêts, y compris punitifs (article 1968 C.c.Q.). Les réformes récentes (Loi 31) ont renforcé ces protections et alourdi les conséquences pour les propriétaires de mauvaise foi.

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Questions fréquentes

C'est quoi une « rénoviction » ?
Le mot « rénoviction » (contraction de rénovation + éviction) désigne le fait, pour un propriétaire, d'évincer un locataire sous prétexte de rénovations majeures, souvent dans le but réel de relouer plus cher. Ce n'est pas un terme légal, mais le phénomène est encadré par le Code civil du Québec : une éviction n'est permise que pour subdiviser le logement, l'agrandir substantiellement, ou en changer l'usage (article 1959 C.c.Q.).
Mon propriétaire peut-il m'évincer simplement pour rénover ?
Non. De simples rénovations, même majeures, ne justifient PAS une éviction si le logement continue d'exister comme tel. L'éviction n'est légale que pour subdiviser, agrandir substantiellement ou changer l'usage du logement. Pour des travaux ordinaires, le propriétaire doit plutôt vous reloger temporairement ou s'entendre avec vous, pas vous évincer.
Combien de temps ai-je pour répondre à un avis d'éviction ?
Vous avez 1 mois à compter de la réception de l'avis pour vous opposer par écrit (article 1966 C.c.Q.). ATTENTION : contrairement à une hausse de loyer, si vous ne répondez pas dans le mois, vous êtes réputé avoir CONSENTI à quitter. Le silence vaut acceptation — il faut donc réagir vite.
Ai-je droit à une indemnité si je suis évincé ?
Oui. En cas d'éviction, vous avez droit à une indemnité d'au moins 3 mois de loyer plus vos frais raisonnables de déménagement (article 1965 C.c.Q.). Si votre préjudice réel est plus élevé, vous pouvez demander davantage au Tribunal administratif du logement.
Que se passe-t-il si l'éviction est faite de mauvaise foi ?
Si le propriétaire vous évince sous un faux prétexte (ex. il reloue plus cher au lieu de faire les travaux annoncés), vous pouvez réclamer des dommages-intérêts, y compris des dommages punitifs (article 1968 C.c.Q.). Les réformes récentes (Loi 31) ont renforcé ces protections et placé sur le propriétaire le fardeau de prouver sa bonne foi.
Dois-je quitter pendant que je conteste ?
Non. Tant que le Tribunal administratif du logement n'a pas tranché, vous conservez votre droit au maintien dans les lieux. Ne signez rien et ne quittez pas sous la pression : faites valoir vos droits d'abord.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. Les articles cités renvoient au Code civil du Québec. Le droit évolue (notamment via la Loi 31) — pour une situation précise, consultez un comité logement, une clinique juridique ou un avocat. aideTAL.ca est un outil d'aide, pas un cabinet d'avocats.