Chaque hiver, des centaines de milliers de locataires québécois reçoivent un avis d'augmentation de loyer. Beaucoup l'acceptent sans savoir qu'ils ont le droit de la refuser — sans déménager. Ce guide explique précisément vos droits, les délais à respecter, et comment réagir, en s'appuyant sur le Code civil du Québec.
1. L'avis d'augmentation et ses délais
Un propriétaire ne peut pas augmenter le loyer quand il veut. Il doit vous envoyer un avis de modification du bail par écrit, en respectant des délais précis avant la fin du bail (article 1942 C.c.Q.) :
- Bail de 12 mois ou plus : entre 3 et 6 mois avant la fin du bail.
- Bail de moins de 12 mois : entre 1 et 2 mois avant la fin.
- Chambre : entre 10 et 20 jours avant la fin.
L'avis doit indiquer le nouveau loyer (ou le montant de l'augmentation) et la date d'entrée en vigueur. Un avis verbal ou un simple texto qui ne respecte pas ces règles n'est pas valide.
2. Vous avez le droit de refuser — sans déménager
« Si je refuse l'augmentation, je dois quitter le logement. » C'est faux. Au Québec, vous avez le droit au maintien dans les lieux : votre bail se renouvelle automatiquement, même si vous refusez la hausse.
Lorsque vous recevez l'avis, vous avez 1 mois pour répondre au propriétaire (article 1945 C.c.Q.). Trois choix s'offrent à vous :
- Accepter la nouvelle hausse.
- Refuser tout en restant dans le logement (le cas le plus fréquent).
- Quitter le logement à la fin du bail (en donnant l'avis requis).
3. Comment refuser, étape par étape
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🚀 Commencer gratuitement4. Comment le TAL fixe le loyer juste
Si le dossier se rend au Tribunal administratif du logement, le TAL ne se base pas sur le « prix du marché », mais sur une grille de calcul prévue par règlement. Il tient compte de la variation réelle, d'une année à l'autre, de plusieurs postes de dépense de l'immeuble :
- Taxes municipales et scolaires
- Primes d'assurance
- Coûts d'énergie (chauffage, électricité des aires communes)
- Entretien et service
- Travaux majeurs (avec un rendement sur le capital investi)
Chaque année, en janvier, le TAL publie des pourcentages moyens d'augmentation à titre indicatif, selon le mode de chauffage. Ce ne sont pas des plafonds légaux, mais un point de repère. Notre calculateur applique cette méthode à ton cas concret.
5. Les exceptions : immeubles récents et section F
Il existe une exception importante. Pour un logement situé dans un immeuble construit depuis 5 ans ou moins (ou dont l'usage résidentiel est récent), le propriétaire peut être exempté des règles de fixation du loyer (article 1955 C.c.Q.).
Mais attention : cette exemption n'est valide que si elle est clairement indiquée à la section F de votre bail. Si la section F est vide, mal remplie ou absente, vous conservez votre droit de contester l'augmentation. C'est un point que beaucoup de locataires ignorent — vérifiez votre bail.
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En savoir plusQuestions fréquentes
Suis-je obligé d'accepter une augmentation de loyer au Québec ?
Combien de temps ai-je pour refuser l'augmentation ?
Que se passe-t-il si je refuse mais que le propriétaire ne va pas au TAL ?
Comment le TAL décide-t-il du montant juste ?
Mon propriétaire dit que je dois partir si je refuse. Est-ce vrai ?
Y a-t-il des cas où je ne peux pas contester l'augmentation ?
👉 À lire aussi : Rénoviction — vos droits face à une éviction pour rénovations.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. Les articles cités renvoient au Code civil du Québec. Pour une situation complexe, consultez un comité logement, une clinique juridique ou un avocat. aideTAL.ca est un outil d'aide, pas un cabinet d'avocats.